0-Pourquoi faut-il mettre en place une réforme profonde et durable du système éducatif ?
Tout simplement parce qu’il est petit à petit devenu obsolète consécutivement aux mutations dont nous sommes les témoins, à l’état de nos connaissances et aux défis auxquels nous sommes confrontés.
Pendant des millénaires l’éducation a été l’affaire des familles et l’instruction s’est peu à peu imposée comme essentielle au niveau sociétal pour assurer le développement des richesses.
Aujourd’hui les choses semblent s’inverser. L’éducation devient l’affaire de tous et l’instruction tend à devenir une affaire personnelle liée au projet de vie de chacun.
Il n’est plus acceptable d’avoir une instruction qui ne respecte pas le paragraphe 2 de la déclaration universelle des droits de l’homme datant de 1948 qui stipule que chaque famille doit pouvoir trouver une offre éducative qui lui convient.
Pour faire face aux défis, nous avons besoin d’un dispositif qui soit centré sur la responsabilisation la plus grande de chacun, et le développement, dès le plus jeune age, d’une attitude coopérative de chacun.
Pour être responsable, il est indispensable de disposer d’une estime de soi suffisante et d’une capacité de distanciation. Pour que la coopération s’épanouisse, il est indispensable de laisser un espace au possible et à l’inconnu.
Acquérir confiance et lucidité, se confronter au risque et à l’incertitude devraient être les piliers sur lesquels reposent une éducation facilitant le penser, les discernement et le goût d’entreprendre.
Il ne s’agit aucunement de sombrer dans un angélisme où la compétition et le mépris du prochain auraient disparu. Il s’agit de disposer d’une structure où l’horizon indépassable de l’être humain n’est pas l’élimination de l’autre.
Les propositions qui suivent sont le fruit d’une longue maturation pour mettre en place le cadre susceptible le mieux de rendre compte des exigences précédentes. Elles ne pourront voir le jour que si elles rencontrent l’assentiment de 75 % de la population ; ce qui permettra de lever l’hypothèque des lobbys minoritaires qui ne veulent pas changer grand chose.
1 Bref survol de l’histoire éducative.
Dès l’irruption de l’agriculture et donc de la sédentarisation et du stockage, les hommes ont appris à compter. L’invention de l’écriture a suivi. L’écriture permet une autre forme de stockage.
La période dans laquelle nous nous trouvons va puiser ses origines au moyen age avec les intuitions de l’époque de Charlemagne ( je donnerai les grandes lignes du travail que j’avais fait pour le bouquin « à l’école du possible », en rentrant à Paris).
Il a fallu attendre le développement de la civilisation industrielle pour que la massification du lire, écrire, compter s’impose comme une nécessité. Parallèlement, la révolution française et son idéal d’égalité a imposé une république permettant l’accès à tous aux savoirs et à des postes de responsabilité qui en découle, tout en sélectionnant l’élite.
Au moment où l’école tente de se centrer sur l’individu depuis 1989 on assiste à un décrochage entre le niveau d’études et le type de responsabilité que chacun peut raisonnablement obtenir dans sa vie active.
Ce décrochage met fin au mythe : plus je sais, plus je peux. Ce qui ne veut pas dire qu’à un niveau plus profond il n’y ait pas un décrochage sur le mythe même du savoir qui peut même être assimilé à une croyance comme une autre.
Ce décrochage paraît de toutes façons lié à des causes profondes.
En gros l’organisation générale des apprentissages s’avère peu capable de prendre en compte l’état de la mondialisation actuelle, le développement des « sciences cognitives » , la révolution de l’hyper texte et l’orientation singulière de chaque individu. De plus la question de l’éducation proprement dite flotte dans un no man’s land entre des supposés parents idéaux et des impératifs sociétaux opaques.
2 Les enjeux aujourd’hui
Tout le monde sait que les cartes sont en profonde redistribution au plan mondial. La croissance ininterrompue de l’occident est menacée. Les bases de la science moderne qui ont permis la « supériorité » de l’occident sur le reste du monde sont discutées. La toute puissance du capital financier a permis l’émergence de courants contestataires. Ceux –ci soient tentent de l’orienter vers une direction plus « humaine », soient se replient sur son pays, sa ville, son village.faut-il y voir une flemme d’affronter la question de l’évolution de son identité ?
La monoculture intensive (au plan concret et symbolique) semble avoir donné tout ce qu’elle pouvait.
La plus grande richesse est la diversité, elle est non seulement garante du non totalitarisme mais source même de la coopération.
S’il n‘y pas de solution unique pour quoique que ce soit. Il serait temps d’en tirer les conséquences au niveau éducatif.
Mais Il y a plus : les dernières avancées des neurosciences mettent en doute la nature
de ce que nous partageons réellement.
Nous avons besoin de repenser les rapports entre le même et le différent, c’est à dire le respect.
Réorganiser l’école, l’éducation c’est à la fois s’insérer dans une longue histoire et être capable d’affronter les enjeux.
3- Le cadre structurel à bâtir.
a. Les principes
Un cadre
• qui tient compte de l’existant : qu’est ce qu’on garde qu’est ce qu’on rejette
• Qui modifie les règles du jeu en permettant de meilleurs parcours personnalisés
• Qui fait faire des économies.
• Qui règle la question de la carte scolaire.
•
B .Une organisation du temps
Réduction des horaires obligatoires à 5 périodes de 4h le matin ou l’après midi au maximum.
Avec un programme spécifique selon les cyclesEx cycle primaire par semaine : 4 heures d’apprentissage de la langue d’origine, 4 heures de maths-sciences, 4h d’activités manuelles et artistiques, 4 heures d’activités corporelles (sport-relaxation) Au collège :4h de français, 4h de langues, 2 heures d’histoire géographie, 6h de maths sciences, 2h d’activités manuelles ou artistiques, 2h d’activités corporelles.En lycée : 4h de français philo , 4h de langues, 8h de sciences- techno ou sciences activités manuelles, 4h d’histoire Economie , 2h d’activités corporelles.
Premières années de fac : mise à niveau dans les directions choisies
Après midi : organisation d’ateliers librement choisis sur tout le secteur scolaire comportant
Des module de renforcement de ce que l’on aime
Des module de traitement des zones où l’on a des difficultés
module de participation à la vie collective (de concert avec les associations locales)
Des module de réalisation d’un projet collectif.
Des module de connaissance de ses processus
Des modules d’échange des savoirs
Un dispositif d’aide aux plus petits
c Une réutilisation des compétences
Appel aux retraités ayant des compétences, appel aux associations de terrains et à la société civile pour intervenir selon des modalités à débattre
Modification du statut des enseignants, pour ceux qui arrivent, introduction des compétences sur contrat au sein de la maison, mise en place de sérieuses évolutions de carrières et possibilité de se confronter aux expériences des autres pays
Mise en place de formations internes systématiques.
Mise en place d’un partenariat parents jeunes et intervenants pour actualiser le
contenu de l’enseignement et des pratiques pédagogiques.
Evaluation l’efficacité du système, en terme de résultats, mais aussi
d’équilibre psychophysique des élèves, des enseignants, et du personnel
ATOS.
4- Les procédures à suivre.
Annonce des grandes mesures et de leur calendrier
Convocation de séances avec tous les partenaires pour en discuter.
Si comportement malhonnête, menace de débat public devant des caméras de télévision.
Création d’un loi cadre pour 30 ans avec réevaluations tous les dix ans.
samedi 21 juillet 2007
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